Margaux Motin, une auteure qui dessine

Mais qui est Margaux Motin ?

« Life’s a bitch and then you die, that’s why we get high, cause you never know, when you’re gonna go » dixit Nas, ce qui équivaut à un gros Carpe Diem de racaille. Féminine, pétillante, active, branchée, accessible Margaux Motin dessine depuis toujours. Elle est illustratrice depuis une dizaine d’années, elle a commencé en dessinant des couvertures de roman, pour des clients, et pour la presse. Margaux Motin, expose des anecdotes de sa vie avant sur son blog, maintenant sur Instagram (il faut vivre avec son temps !). En 2009, elle se lance dans la bande dessinée avec «J’aurais adoré être ethnologue», puis continue avec «La théorie de la contorsion» en 2010 et encore plein d’autres jusqu’au dernier en «Oui : 101 questions à se poser avant de se marier» co-écrit avec Pacco sortie en 2015 (deuxième projet réalisé avec Pacco, le 1er étant «Very bad twinz, tome 1» en 2011).

Quel a été son parcours ?

Elle passe un bac Général littérature, puis continu son parcours en obtenant un BTS de communication visuel à l’ENSAAMA Olivier de Serres, une école d’arts appliqués publique de Paris. « J’ai fait les Arts appliqués Olivier de Serres, surtout parce qu’il y avait le dessinateur Chauzy comme prof. Mais après mon BTS, je n’ai pas touché un crayon pendant trois ans. J’avais peur du regard des professionnels. » Margaux Motin – Le 28 mai 2013 – Paris Match. Elle a été diplômée à 20 ans, et à cette époque elle a hyper envie de … SURTOUT PAS ASSUMER ses responsabilités et rien «glander» en gagnant suffisamment d’argent pour assumer ses soirées. Elle a donc a défaut d’être illustratrice, été serveuse puis vendeuse Fnac et n’a pas touché à un crayon pendant 3 ans après l’obtention de son diplôme. Après elle a décidé de reprendre sa vie en main et a recommencé à écrire et à dessiner. Elle obtient une rubrique mensuelle au magazine MUTEEN. Puis les rédacs chef l’ont contacté et petit à petit son réseau s’est étendu. Pendant des années, elle n’a pas arrêté de démarcher, à contacter 18 maisons d’éditions et avoir 2 réponses, pareille pour les magazines… Jusqu’à qu’elle prenne un agent (www.virginie.fr). « J’ai imprimé mes textes, mes dessins, j’ai fabriqué des truffes au chocolat maison, une lettre où je menaçais de camper en bas des bureaux et de faire du jeté de boules puantes si je n’avais pas de réponse dans les 48h, j’ai emballé le tout dans une énorme boite en carton, nouée avec un énorme ruban de satin rose, et je suis allée déposer mon « CV » à la rédaction du magazine Muteen. J’ai sonné, j’ai posé le paquet sur une table, et je suis partie en courant. 20 minutes plus tard, les rédactrices en chef m’appelaient et m’annonçaient la bouche pleine de truffe qu’on allait bosser ensemble. J’ai tout misé sur ce coup-là et c’est comme ça que tout a commencé. » Margaux Motin –  Sur son blog

Les particularités de son oeuvre, sa démarche, ses thématiques, par qui a-t’elle influencé ?

Elle n’a jamais été très BD, à part les grands classiques qui l’inspire, Pratt, Manara(«personne ne dessine les femmes comme lui» avoue Margaux), Bourgeon, ses autres sources d’inspirations son Kay Thompson(actrice), Claire Bretecher (Dessinatrice) et bien sur tous les Walt Disney, on retrouve cette dernière source d’inspiration très souvent dans ses créations sur son blog notamment quand elle met en scène sa fille.Sur son blog, elle se met en scène en mélangeant son histoire personnelle et ce qu’elle entend autour d’elle (de ses copines et des femmes en général). Ce qui l’inspire le plus, les petites hontes du quotidien que l’on vit tous. «J’ai su prendre du recul sur ma propre histoire pour pouvoir écrire, assure Margaux Motin. Ce n’est ni un journal intime ni une psychothérapie.». On retrouve sur son blog, ses illustrations, ses albums tout ce qu’elle représente (de l’humour et de la légèreté). Elle assume ses choix et les vies sans se laisser imposer des idées qui ne sont pas les siennes.


Qui a-t-elle influencé ?

Une jeune illustratrice du pseudo de «Diglee», tout comme Margaux elle ouvre son blog et sort son album. Dans son roman, elle remercie Margaux de l’avoir prise sous son aile sur la création de son blog et son soutien lors de la sortie de son album. Dernière illustration du premier album de Diglee (c’est le passage où elle remercie toutes les personnes qui l’ont aidé/soutenu), où elles se sont dessinées toutes les deux. On voit bien les deux styles différents, deux générations différentes, mais l’on peut retrouver des similitudes, à gauche Diglee qui suit l’influence de Lady gaga, chanteuse provocante des années 2010 et à droite Margaux qui représente la piquante Madona dans les années 80. Deux chanteuses que les années séparent mais ont marqué chacune leurs générations, tout comme Margaux et Diglee.
Diglee : http://bit.ly/diglee-work

Analyse graphique

Caféine, clope et rap à fond…

Elle se dit « puriste » ? Au début de chaque projet il lui faut un crayon 2B, une gomme, des feuilles de papier A4 (« la base, quoi » comme lui aime le dire). C’est ensuite qu’elle scanne son crayonné pour le redessiner à l’aide de Photoshop (seul logiciel qu’elle métrise). Quand elle dessine à l’ordinateur elle utilise toujours sa palette graphique, plus facile pour elle de reprendre ses dessins avec cet outil.
« Quand dans la journée ? La bonne blague ! Toute la journée ! De 8h30 à 18h00, et le soir, et le week-end, de façon hyper pas disciplinée quoique de plus en plus organisée (spéciale kassedédi à mon coach qui m’a appris à OP-TI-MI-SER !). Mon rituel : la musique, le café, les clopes, les cheveux un peu grassou, le vieux jogging élimé. C’est le matin que je suis la plus productive, si je casse le rythme en prenant le temps de me laver, c’est mort, après j’ai envie d’aller m’acheter des chaussures ou de voir mes copines. Pour l’instant je travaille dans un coin bureau face au mur mais d’ici trois semaines, je travaillerais dans un coin bureau sous une verrière avec les branches d’un arbre qui me feront juste l’ombre nécessaire pour pas être aveuglée par le soleil, je pense que ça va vachement booster ma créativité ! Quant au matos, ma foi, papier-crayon, scanner, ordi, Photoshop, tablette graphique ! » Margaux Motin –  http://babyloner.blogspot.fr/2009/02/interview-margaux-motin-part-1-2.html

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Son travail

Du mauvais esprit, de l’amour, du langage de charretier, de la délicatesse, de l’inventivité, de l’énergie, des registres très variés, de l’astuce, de l’espièglerie, du rap et du risotto, c’est le monde de Margaux Motin. À travers ses illustrations, elle décrit avec finesse et humour la vie quotidienne avec des personnages de manière très simple mais avec une proportion très juste. Il y a un gros travail sur les mimiques des personnages pour retranscrire une action, un sentiment…Ses illustrations sont sur fond blanc avec des touches de couleurs souvent vives, plus maintenant qu’elle a déménagé de Paris pour Biarritz, contrairement à quand elle a débuté à Paris, où là, ses illustrations manquaient de « fraicheurs ». Elles suivaient le même code, fond blanc touche de couleurs (pas vives, ou rarement). On constat une évolution entre son premier album, à Paris, « J’aurais adoré être ethnologue » et le dernier en date, « Oui : 101 questions à se poser avant de se marier ».

Ses illustrations période « Paris » : On imagine l’espace des bulles grâce aux textes et de simples traits pour montrer quels textes va à quels personnages pour les mettre en avant les dessins qui sont soulignés par des touches de couleur. Ses sujets de prédilection, sa famille, ses amis, et le travail. Il arrive que le texte prenne plus de place que le dessin sur la composition totale de l’illustration. Elle rencontre Pacco un illustrateur de Biarritz. Ils deviennent très bons amis, ils se retrouvent très souvent pour des projets communs, ils se dessinent mutuellement sur leurs blogs respectifs.

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Ses illustration période « Biarritz » :Contrairement à sa période « Paris », les bulles des textes sont matérialisées, le plus souvent mis en avant écrit sur fonds de couleurs. Les couleurs deviennent plus acidulées, plus vives. Les sujets restent les mêmes, les personnes changent. Elle a divorcé et par la suite elle entame une relation amoureuse avec Pacco qui devient plus présent sur les illustrations ainsi que sa fille Maé, qui a bien grandi.Le texte prend moins de place que le dessin, sa technique évolue, elle intègre des effets de matière et de texture qui n’existait pas dans la première période de sa carrière. Elle construit toujours l’histoire avec des accessoires pour délimiter l’espace et comprendre la scène qu’elle décrit. C’est subtil, elle n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour expliquer son histoire.

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Son travail actuel

En plus de ses commandes pro, Margaux a toujours mis un point d’honneur à garnir son blog de dessin et maintenant son compte Instagram en fonction de ses envies et de son humeur. Depuis maintenant deux ans en plus de ses scènes du quotidien elle nous offre des esquisses de «vrais gens», esquisses de personne observée entre Paris, Biarritz et ses voyages.

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De vraies photos mêlées aux illustrations

Parce qu’elle n’aime pas dessiner les décors, qu’elle est nulle en perspective. Elle a donc finalement décidé que la photo était un bon compris. Elle expliquait qu’il s’agissait d’une démarche de flemmarde, mais finalement cela donne une autre dimension à ses créations. En se rapprochant de la nature, elle a accumulé plein de petite chose qui lui permet de pouvoir concevoir d’une nouvelle façon et de donner une nouvelle dimension à ses dessins !

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PrécédentSuivantSite internet : https://margauxmotin.typepad.fr/ Instagram : https://www.instagram.com/margauxmotin/

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